Vous avez déjà ouvert la page tarifs d’une salle de sport, fait le calcul de tête, puis refermé l’onglet ? Vous êtes loin d’être la seule. Une étude FLASHS menée en août 2025 auprès de 2 000 Françaises met des chiffres sur cette hésitation, et Doctissimo en a publié un compte rendu très complet, selon lequel 6 femme sur 10 ont déjà subi un comportement déplacé dans une salle de sport. Le prix arrive en tête des freins. Ensuite vient tout ce qui se passe une fois le badge passé : le regard des autres, la pression de la performance, parfois le sexisme. Une salle de sport, ça se paie en euros, et aussi en confort.
Ce que l’étude FLASHS a demandé à 2 000 Françaises
L’enquête a été menée en août 2025 auprès de 2 000 Françaises. Parmi elles, 1 262 pratiquent ou ont pratiqué une activité en salle. Ce point compte : l’étude réunit à la fois des femmes qui connaissent les vestiaires, les machines et les miroirs, et d’autres qui n’ont jamais franchi le pas. Les deux regards sont précieux pour comprendre ce qui attire vers la salle et ce qui en éloigne.
Jennifer Bouet, qui signe l’article de Doctissimo (mis à jour le 16 octobre 2025), résume la tension en une phrase : lieu de bien-être pour certaines, la salle devient pour d’autres « un espace insécurisant ». Léa Paolacci, chargée d’études chez FLASHS, le dit autrement : « La salle de sport évoque spontanément la santé, la vitalité et la confiance en soi. Pourtant, cette enquête montre qu’elle ne se résume pas à un lieu de dépassement personnel. »
À mon sens, c’est la bonne façon de lire ces chiffres. Ils ne disent pas que le sport en salle est une mauvaise idée. Ils disent pourquoi tant de femmes paient un abonnement puis espacent leurs séances, ou ne signent jamais. Et ces raisons-là, on peut les connaître à l’avance.
Étude FLASHS, août 2025
La salle de sport vue par les Françaises
2 000
Françaises interrogées, dont 1 262 qui pratiquent ou ont pratiqué en salle
2 sur 3
ont déjà été abonnées à une salle de sport
49 %
des femmes ayant arrêté ou renoncé à l’abonnement citent le coût comme premier frein
58 %
ont déjà vécu un comportement déplacé en salle
30 %
perçoivent la salle comme intimidante ou hostile
46 %
aimeraient s’entraîner dans des zones non mixtes
Sources : étude FLASHS (août 2025) relayée par Doctissimo (16/10/2025) et Sud Radio (24/10/2025).
La forme, le poids et un moment pour soi, ce qui fait pousser la porte
Près de deux femmes sur trois ont déjà été abonnées à une salle. L’envie est bien là. Pour la majorité, les motivations sont les mêmes depuis des années : améliorer sa condition physique, perdre du poids, s’accorder un moment à soi.
Chez les moins de 35 ans, la perte de poids devient même l’objectif principal. Je trouve ce détail parlant. Un objectif de balance se mesure toutes les semaines, et le miroir de la salle le rappelle à chaque série. Un objectif de forme (monter trois étages sans souffler, porter les courses sans douleur au dos) se vit plus tranquillement.
Mon conseil, simple : écrivez votre raison sur un papier avant de vous inscrire. Une seule. Le jour où l’envie baisse, c’est elle qui vous fera reprendre votre sac, pas le contrat.
Le prix de l’abonnement, premier frein cité
Le coût reste le premier frein pour 49 % des femmes ayant arrêté ou renoncé à l’abonnement, devant la fatigue et le manque de temps. Pour qui fait ses comptes chaque mois, ce n’est pas une surprise. Un abonnement, c’est une ligne fixe sur le relevé, au même titre que le téléphone ou l’assurance.
La bonne façon de juger ce prix, à mon avis, c’est de le diviser. Prenez le tarif mensuel et divisez-le par le nombre de séances que vous ferez vraiment, pas par celles que vous espérez faire. Deux séances par semaine, c’est environ huit par mois. Le prix d’une séance devient alors concret, et vous pouvez le comparer à ce que vous dépensez déjà pour vous détendre.
Le chiffre sur le confort compte aussi. Une salle où l’on se sent bien est une salle où l’on revient avec plaisir. Demandez une visite aux heures où vous comptez venir. Vous découvrirez l’affluence, l’ambiance et la façon dont l’équipe accueille les nouvelles.
Salle de sport et regard des autres, le sentiment d’être observée
Doctissimo consacre une partie entière à ce point, sous le titre « Un lieu sous surveillance sociale ». Pour beaucoup de répondantes, la salle reste perçue comme un espace d’observation et de jugement. Le chiffre relayé par Sud Radio le 24 octobre 2025 va dans le même sens : une femme sur trois considère désormais les salles comme hostiles.

On l’oublie quand on n’y va pas : une salle est pensée pour se voir. Miroirs du sol au plafond, machines alignées face à face, espace musculation souvent au centre. Rien de tout ça n’est fait pour mettre mal à l’aise. Mais quand on débute, chaque geste paraît exposé.
Quelques réflexes changent beaucoup de choses. Arrivez avec un programme noté sur votre téléphone : on hésite moins, donc on se sent moins regardée. Un casque sur les oreilles marque une bulle que la plupart des gens respectent. Et venir à deux les premières semaines, franchement, c’est la meilleure aide que je connaisse.
Quand la pression de la performance prend le pas sur le bien-être
C’est l’autre enseignement de l’étude, sous l’intertitre « Quand le bien-être se heurte à la performance ». Une salle célèbre le dépassement de soi : charges qui montent, chronos, transformations affichées. Pour une partie des femmes interrogées, cette ambiance pèse plus qu’elle ne motive.
La phrase de Léa Paolacci prend ici tout son sens. Si la salle « ne se résume pas à un lieu de dépassement personnel », alors on a le droit d’y venir pour autre chose. Marcher vingt minutes sur un tapis, s’étirer, faire trois exercices et repartir. C’est une séance réussie.
Je le dis nettement : la seule performance qui compte la première année, c’est la régularité. Fixez-vous un nombre de passages par semaine, pas un poids à soulever. Le reste vient avec le temps.
Quand la gêne bascule dans le sexisme
C’est le chiffre qui a fait réagir à la sortie de l’étude : 58 % des femmes interrogées disent avoir déjà subi un comportement déplacé en salle. Doctissimo l’aborde dans sa dernière partie, et Sud Radio cite des faits rapportés comme les « regards insistants ».
Les répondantes ne s’arrêtent pas au constat. Elles disent aussi ce qu’elles attendent : 46 % aimeraient pouvoir s’entraîner dans des zones non mixtes. Ce sont des demandes concrètes, que l’on peut poser à l’accueil.

Si une situation vous gêne, parlez-en tout de suite à un coach ou à l’accueil, avec l’heure et l’endroit. C’est leur rôle, et un signalement précis se traite bien mieux qu’un malaise gardé pour soi. À l’inscription, posez aussi la question : existe-t-il un espace réservé, un créneau dédié, une personne référente ? La réponse en dit long sur la salle.
Le saviez-vous ?
Près d’une femme sur deux (46 %) interrogées par FLASHS aimerait pouvoir s’entraîner dans une zone non mixte. (Étude FLASHS, relayée par Sud Radio le 24 octobre 2025.)
Si vous hésitez encore, lisez l’enquête en entier sur Doctissimo avant de choisir votre salle. Vous saurez quoi regarder pendant la visite : l’accueil, les espaces, la façon dont on vous répond. Et gardez en tête votre raison écrite sur le papier. C’est elle qui vous fera revenir.
Questions fréquentes
Combien de femmes ont vécu un comportement déplacé en salle de sport ?
58 %, soit près de 6 sur 10, selon l’étude FLASHS menée en août 2025 auprès de 2 000 Françaises, dont 1 262 pratiquent ou ont pratiqué en salle.
Quel est le premier frein à l’abonnement chez les femmes ?
Le coût. Il est cité par 49 % des femmes ayant arrêté ou renoncé à l’abonnement, devant la fatigue et le manque de temps.
Comment se sentir moins observée en salle de sport ?
Venez avec un programme noté à l’avance, choisissez des horaires calmes, portez un casque et faites vos premières séances à deux. À l’inscription, renseignez-vous sur les espaces et les créneaux proposés.
Que demandent les femmes aux salles de sport ?
Près d’une sur deux (46 %) aimerait pouvoir s’entraîner dans des zones non mixtes, selon l’étude FLASHS.
Sources
Doctissimo, « Près de 6 femmes sur 10 affirment avoir vécu des expériences déplacées à la salle de sport », Jennifer Bouet, mis à jour le 16/10/2025 (étude FLASHS, août 2025).
Sud Radio, « Salles de sport : des comportements sexistes qui poussent les femmes vers la sortie », 24/10/2025.



